mercredi 24 juin 2015

Atelier de Roméo Bouchard à Trois-Pistoles: images à venir.

En plein centre d'achat, dans un local vitré ouvert, des citoyens qui discutent de démocratie: de quoi intriguer...alerter la police!

C'était hier à Trois-Pistoles, à l'initiative du comité de théâtre populaire animé par Dominic Malacort: une quarantaine de citoyens de la MRC des Basques, dont le maire de Sainte-Rita, quelques conseillers, un fort contingent de jeunes néo-citoyens, les médias indépendants locaux. 

La MRC des Basques est une des plus petites MRC du Québec (9000 habitants): 12 municipalités (Trois-Pistoles, St-Jean-de-Dieu, Notre-Dame-des-Neiges, St-Éloi, St-Simon, St-Éloi, St-Clément, St-Mathieu-de-Rioux, Ste-Rita, St-Guy, St-Médard, Ste-Françoise); elle a perdu 10% de sa population au cours des 15 dernières années et en perdra un autre 12% d'ici 2031 selon les prévisions; une des MRC les plus vieillissante et pauvre du Québec (âge médian 62 ans versus 39 à Mirabel).

Face au démantèlement sauvage des structures municipales et régionales opéré par le gouvernement Couillard au nom de l'austérité, je leur ai proposé de s'investir avec les élus et dirigeants en place, dans la reconstruction d'une démocratie locale et régionale de participation, basée sur la conscience que c'est à ce niveau que doit commencer à s'exprimer la souveraineté du peuple, fondement de toute autorité en démocratie: tout citoyen, quel que soit son origine, son instruction, sa richesse ou sa fonction, a le droit de participer aux décisions collectives. Heureux hasard: le matin même, on annonçait l'élection à Madrid et Barcelone de deux mairesses sous la bannière de Podemos, le parti citoyen des indignés, sur la base de programmes politiques élaborés par des centaines d'ateliers citoyens, ce qui est loin de nos programmes politiques élaborés en catimini par les partis et les candidats.

Les objections n'ont pas tardé à s'exprimer. Les dirigeants municipaux gouvernent sans nous et nous, nous organisons sans eux. Plusieurs ne sont pas élus. Ceux qui le sont l'ont été par un faible taux de participation ou par acclamation. Ils font leur possible, dans des conditions souvent héroïques, mais font peu appel à leur population et s'appuient peu sur elles pour revendiquert. On n'a souvent ni le goût, ni le temps, ni la santé pour s'en mêler, comme en faisait foi le sondage réalisé sur place dans le centre d'achat. Les séances du conseil et les consultations publiques n'intéressent quasi personne, sauf lors de décisions ou de dépenses controversées. On préfère s'occuper de nos affaires ou s'engager dans des actions plus concrètes: activités culturelles, projets communautaires, luttes citoyennes, développement économique, agriculture de proximité, etc, mais souvent on a peu de support des élus, sinon de l'obstruction.

Certains sont allés jusqu'à se demander si les gouvernements locaux étaient encore des outils utiles ou s'il ne faudrait pas plutôt construire une démocratie populaire en marge de la filière politique. Un peu comme Rockerfeller il y a quelques années avait déclaré outrageusement: "quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l'entité adéquate pour le faire" !!!

Mais la discussion a fini par mettre en évidence le fait qu'on ne peut passer à côté de la filière démocratique de décision sur les questions d'intérêt commun, qu'une mobilisation et une éducation démocratique sont souhaitables, voire même un chantier citoyen pour nous sortir de la démocratie actuelle de représentation et organiser une démocratie de participation, pour ensuite investir les conseils municipaux et régionaux, les décomplexer, en faire de gros comités de citoyens au fond. L'idée de travailler ensemble dans la MRC à définir une constitution propre à la MRC (ou même à la municipalité) qui établisse les règles du jeu que les citoyens souhaitent voir respecter par leurs élus, a aussi fait son chemin,

En conclusion, Dominic Malacort pouvait déjà entrevoir des résultats: "assemblée citoyenne mensuelle dans les magasins vides de Trois-Pistoles : les citoyens s'exposent. et se mettent en vitrines. Puis des débats télévisés avec la TV communautaire. On verra quel est le projet thème de réflexion mais ça risque, dans un premier temps, de s'enligner sur la question : agir dans les structures municipales ou à côté pour les influencer : stratégies privilégiées»

La démocratie est une semence, qui germe dans la bonne terre et produit si elle est bien cultivée, dans l'espoir et la conviction de la récolte à venir.

jeudi 19 mars 2015

Chantier démocratique et cinéma

Nous sommes au coeur d'une réforme démocratique potentielle, par un chantier démocratique, qui élève la culture démocratique et le réseau démocratique. Si tout va bien, il y aura une Assemblée Constituante tirée au sort, demandée par l'Assemblée Nationale, fruit de la pression que feront 100,000 membres de l'assemblée constituante provisoire, www.acrq.org    .

Il y a à ce jour un petit nombre de membre. L'organisation est à son début. Il y a des réunions régionales. Il y a un entraînement à écrire des articles d'une Constitution d'origine citoyenne, expression de la souveraineté populaire non partisane, Cette écriture se fera après qu'un minimum d'organisation sera complétée... dans des " ateliers constituants". La revue NEXUS française de février -mars 2015 en parle. Voyez dans les bibliothèques publiques.

À défaut d'ateliers constituants formels, il y a toujours moyen de faire des " mini ateliers", seul, à deux ou trois, en famille, pour une courte période de temps et conserver les idées par écrit pour archives et en faire profiter l'Assemblée Constituante plus tard.

Mais avant de faire des ateliers constituants, il y aura des ateliers sur la démocratie, où la question " sommes-nous en démocratie selon vous", sera posée ainsi que la question de la possibilité de l'améliorer ou bien de la créer .

                                                              CINÉMA

Cette démarche, bien que rien de ce qui est fait n'est en réalité sans effet, pourrait ou bien réussir ou bien rater. D'où l'importance de conserver une mémoire de ce qui se passera d'ici aux prochaines élections dès maintenant et, éventuellement, de ce qui se passera avant , pendant et après l'Assemblée Constituante qui préparera la Constitution et la proposera au peuple souverain par voie de référendum.

Alors, il importe de commencer tout de suite à filmer de toutes les façons, en vidéos, ou téléphones ou cinéma formel.
Si vous connaissez des gens intéressé(e)s, il serait loisible de coordonner.

Référence: ;livre de Roméo Bouchard:

Constituer le Québec, pistes pour une véritable démocratie et La reconquête du Québec, par Roméo également.

dimanche 15 mars 2015

Pourquoi ce blogue

Étienne Chouard, plaide en faveur d'une Constitution d'origine Citoyenne, pour avoir une meilleure démocratie dans le site internet: Le plan C Ici, Roméo Bouchard, nous le dit à la manière québécoise et originale, dans son livre Constituer le Québec.

Il y a un paquet de livres qui critiquent la démocratie, qu,évidemment, je n'ai pas tous lus.

Chouard et Bouchard nous incitent à nous entraîner à faire des ateliers constituants, d'écriture de la Constitution. Le nous, signifie la " souveraineté populaire non partisane", car finalement autant qu'au commencement, la démocratie est le pouvoir par et pour le peuple. Enfin, je crois. Peut-être que je corrigerai...

Mais Roméo introduit une modification géniale, celle de précéder l'atelier constituant d'atelier sur la démocratie où nous demandons: " sommes-nous en démocratie?". Peut-être que la réponse à la question mènera naturellement à faire des ateliers constituants.

J'ai décidé d'offrir un atelier sur la démocratie. Il me reste à le structurer. Je le fais seul. J'aurai probablement de l'aide de mes amis de la région Montérégie qui font partie de L'ACRQ ( Assemblée Constituante Provisoire du Québec, secton région 16).

http://lesstudiospulsar.com/acrq.org/

J'ai cependant une intention. Je viens d'études en service social, dans les années 1970, celles où la non-directivitée inspirée du psychologue Carl Rogers était reine et maître.

Alors, je me vois poser la question, en animateur non directif, selon vous, sommes-nous en démocratie? J'aimerais ne pas donner de l'information avant la question, question de ne pas " paqueter l'assemblée". Sait-on jamais, peut-être l'opinion générale dira-t-elle que nous sommes en démocratie et qu'il n'a vraiment aucune raison de l'améliorer!...

L'autre jour, je tombe sur un atelier sur la démocratie directe, qui a eu lieu en 2014 au Forum Social du Bas  Saint-Laurent. J'en ai eu copie que je vous livre maintenant en vous disant à bientôt!


Compte-rendu de l’atelier « La démocratie directe »
Vendredi le 19 septembre Bloc 2, salle A1

Animation : M. Luc Bélanger
Preneuse de notes : Lucie Brault
Nombre de participantEs : 26

Dans un premier temps, une question s’adresse à l’auditoire : « Qu’est-ce que j’aime ou qu’est-ce que je n’aime pas de notre système politique actuel ? »
De nombreuses constatations sont ressorties :
Dans notre système de démocratie représentative, il y a plus de gens qui ne votent pas que de gens qui votent.
Sans participation citoyenne, le choix ne se pratique qu’une fois aux quatre ans. On élit quelqu’un qui est plus à l’écoute de sa ligne de parti que des personnes. L’actuel système, il est au service de qui ? On est face à une centralisation du pouvoir. Il y a polarisation des points de vue.
À quoi ça sert de participer? Est-ce intéressant de participer sans décider ? En participant, on finit par influencer. La mobilisation représente une forme de pouvoir. Ici, l’Agora du changement est un lieu qui génère du concret. On essaie de prendre position sur autre chose que ce qui est sur le tapis politique actuellement.
Si on veut changer les choses, il est plus facile de s’intégrer dans ce qui existe déjà comme véhicule que d’essayer de s’arranger entre nous. Entre le citoyen et le politique, il y a l’information.
Chaque geste posé est un geste politique. On peut changer des choses en se présentant en politique municipale qui est un palier de gouvernement plus près des gens.

Dans un deuxième temps, l’animateur présente les avantages de la démocratie directe qui élimine la représentativité et la démocratie semi-directe qui laisse une place à l’expression du citoyen et de la citoyenne par voie de référendum. Il présente l’exemple de la Suisse où l’affichage dans les lieux publics n’est pas utilisé pour la publicité mais pour politiser : annoncer la tenue du prochain référendum, par exemple.
On peut se rendre sur le site web de la chancellerie fédérale suisse : http://www.bk.admin.ch/?lang=fr
Élections, votations, demandes de référendum, initiatives, pétitions : il n'y a guère d'États souverains qui offrent au peuple des moyens de participation aussi élaborés. Cette forme de démocratie directe ou semi-directe est en place depuis 1848. On y tient quatre référendums par année. Ça doit être adopté par une double majorité. La population doit recueillir 100 000 signatures dans un délai de 18 mois pour présenter un projet de loi. Avec 50 000 signatures dans un délai de 100 jours, on peut bloquer un projet de loi. Les projets de loi peuvent porter sur des thèmes très diversifiés. Par exemple : initiative populaire pour une caisse publique d’assurance-maladie, initiative populaire : halte aux privilèges fiscaux des millionnaires » …

Malheureusement, le temps ne permet pas de pousser plus loin la présentation et de susciter une discussion.